Critères diagnostiques

Critères diagnostiques

Récemment, dans le monde anglophone, des chercheurs et cliniciens de différentes disciplines et provenant d’organismes soutenant les familles des enfants avec un trouble du langage se sont entendus sur quatre critères diagnostiques incontournables du trouble développemental du langage : 

Bien que des questions restent sans réponse concernant le trouble développemental du langage, le consensus d’un large groupe d’experts au sujet de ces quatre critères diagnostiques peut indéniablement guider la pratique clinique et la recherche au sujet de ce trouble développemental.

Malgré leurs difficultés, les enfants avec un trouble développemental du langage présentent de belles forces sur lesquelles il est important de miser. Ce sont des enfants intéressés à communiquer, avec une intelligence normale et généralement persévérants et motivés à réussir. Ainsi, ils fournissent les efforts nécessaires pour atteindre leurs objectifs. De plus, ils ont très souvent de bonnes habiletés visuo-spatiales qui leur permettent de compenser en partie leurs difficultés langagières.

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Le trouble développemental du langage (ou trouble primaire du langage ou dysphasie ou « specific language impairment » en anglais) est défini de différentes façons et l’appellation ne fait pas consensus à travers le monde. Une des raisons qui explique ce manque de consensus et la difficulté à s’entendre sur une définition commune est que les divers acteurs qui s’intéressent à cette problématique ne poursuivent pas tous les mêmes objectifs. En effet, les chercheurs examinent les caractéristiques d’individus sélectionnés de façon stricte et qui présentent idéalement un trouble développemental du langage « pur », sans autres troubles, afin d’étudier l’étiologie et les conséquences y étant associées. Les cliniciens, de leur côté, prônent une définition plus large puisqu’ils visent à offrir des services aux enfants qui présentent des difficultés langagières, qu’ils aient ou non d’autres difficultés. Enfin, le milieu scolaire doit statuer sur des critères d’éligibilité à des services spécialisés.

Une deuxième raison qui explique le manque d’uniformité dans la façon de concevoir le trouble développemental du langage est qu’il s’agit d’une problématique développementale pour laquelle l’étiologie, ou la cause exacte, n’est pas connue. Une troisième raison est que les enfants ayant un trouble développemental du langage peuvent présenter différents profils (ex : un enfant peut avoir de la difficulté à comprendre et à s’exprimer, alors qu’un autre peut avoir de la difficulté uniquement sur le plan expressif), et que les manifestations peuvent changer à travers la vie d’un individu.

Ce manque de consensus sur la définition du trouble développemental du langage est un enjeu important pour tous les partenaires qui œuvrent auprès des enfants et des adultes qui présentent ces difficultés langagières. En effet, une appellation commune et une définition partagée sont nécessaires pour mener des campagnes de sensibilisation auprès du grand public, pour bien planifier l’offre de services, pour optimiser la communication entre les professionnels et pour appuyer les décisions politiques qui ont des répercussions sur les individus ayant un trouble développemental du langage et sur leurs proches. Il est donc crucial de se pencher sur le sujet afin de statuer sur une définition commune.

 

Références

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